Le Brevet Européen à Effet Unitaire. Les questions à se poser dès aujourd’hui

Depuis le 26 avril dernier, date à laquelle le Royaume-Uni a ratifié l’Accord relatif à la Juridiction Unifiée du Brevet (JUB), une certaine effervescence se fait sentir autour du Brevet Européen à Effet Unitaire.

Petit rappel :
Les règlements de l’UE établissant le système du Brevet Unitaire (n°1257/2012 et n°1260/2012) sont entrés en vigueur le 20 janvier 2013, mais ne s’appliqueront qu’à la date d’entrée en vigueur de l’Accord relatif à la Juridiction Unifiée du Brevet (JUB).

Le système du Brevet à Effet Unitaire vise, d’une part, à mettre en place un Brevet conférant une protection unitaire au niveau Européen, l’objectif étant de permettre au titulaire d’être protégé dans les pays Européens membres du système au moyen d’une seule procédure, avec une seule taxe de renouvellement, et en se libérant de la procédure de validation, y compris, pour les pays ne faisant pas partie de l’Accord de Londres, de l’obligation de faire traduire tout ou partie du brevet dans la langue nationale.
L’ Accord vise, d’autre part, à mettre en place une juridiction commune compétente pour connaître de tout litige mettant en cause un tel brevet, et une annulation de ce dernier vaudra pour l’ensemble des pays membres de l’Accord.

Pour devenir une réalité, treize États Membres doivent ratifier l’Accord sur la JUB, dont les trois pays où sont déposés le plus de brevets : le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.
Actuellement, seize Pays l’ont déjà ratifié, dont la France et le Royaume Unis.
La liste complète des pays l’ayant ratifié est disponible à l’adresse suivante :
http://www.consilium.europa.eu…

A ce jour, il ne manque plus que l’Allemagne.
Or, une plainte contre l’Accord sur la Cour Unifiée est actuellement pendante devant la Cour Constitutionnelle Fédérale d’Allemagne, ce qui retarde le processus, une ratification de l’Allemagne ne pouvant être envisagée avant que la Cour ait rendu une décision.
Néanmoins, à l’issue de cette action, il est attendu que l’Allemagne ratifie l’Accord rapidement.

C’est pourquoi, les titulaires de Brevets ou demandes de Brevets Européen doivent se préparer aux changements à venir et à prendre des décisions stratégiques dès aujourd’hui, en tout état de cause avant l’entrée en vigueur du nouveau système.
C’est également l’occasion de reprendre son portefeuille de brevets et demande de brevets et de l’analyser afin de ne privilégier que les droits en adéquation avec la stratégie industrielle et commerciale de l’entreprise.

La première question à se poser est : Quel droit choisir ? National ou Européen ?
Le point de départ du Brevet à Effet Unitaire étant un Brevet Européen, il convient tout d’abord de choisir, pour chaque technologie à protéger, entre une protection nationale ou une protection Européenne.
Le choix se fait généralement en fonction de différents critères, dont les coûts de procédure, et donc les moyens financiers de l’entreprise, de la technologie à protéger et du marché visé.

Le choix ayant été fait pour la voie Européenne, la seconde question est : Brevet Européen classique ou Brevet à Effet Unitaire ?
Le Brevet Unitaire ne pouvant être demandé que pour les Brevets Européens délivrés à partir de la date d’entrée en vigueur de l’Accord, ou à compter de cette date, les Brevets Européens ancienne version coexisteront avec ceux à Effet Unitaire.
Initialement, les Brevets Unitaires pourront ne pas couvrir tous les États Membres participants, car certains d’entre eux n’auront pas encore ratifié l’Accord relatif à la JUB quand il entrera en vigueur.
En effet, la couverture territoriale des Brevets Unitaires ne s’étendra pas à d’autres États membres ratifiant l’Accord relatif à la JUB après l’inscription de l’effet unitaire par l’OEB, elle restera la même pendant toute la duré de vie du Brevet Unitaire, quelles que soient les ratifications ultérieures.
Par conséquent, les titulaires devront faire leur choix en fonction des pays membres de l’Accord au jour de la demande d’Effet Unitaire, mais également en fonction des couts de validation qu’un Brevet Unitaire pourrait éventuellement faire économiser.
Ensuite, l’aspect juridique est également important dans le choix d’un Brevet Européen ancienne version par rapport à celui ayant un Effet Unitaire.
En effet, tous les litiges concernant un Brevet Unitaire seront portés devant le JUB.
Outre les éventuelles actions en justice possibles et les coûts d’une telles actions devant cette juridiction (à comparer à ceux devant les Tribunaux Nationaux), il conviendrait de prendre en considération la capacité de réaction de l’entreprise confrontée à une telle action – les délais de réponse pouvant être très courts -, et évaluer l’importance de la nuisance occasionnée par la révocation du Brevet dans tous les pays membres en une seule action en justice.
Il convient également de prendre en considération le fait que la nouvelle Cour Unifiée et la Cour d’Appel de la JUB n’auront aucune jurisprudence sur laquelle s’appuyer, une certaine incertitude juridique qui ne manquera pas d’être un élément décisionnel très important pour les titulaires de droits.

Attention, cet aspect juridique concernant les Brevets à Effet Unitaire est également à prendre en considération pour les Brevets Européens classiques, n’ayant pas d’Effet Unitaire, ou pour lesquels un Effet Unitaire n’a pas été demandé.
En effet, à l’entrée en vigueur de la JUB et du système de Brevet Unitaire, tous les Brevets Européen existants et délivrés sans Effet Unitaire relèverons de la compétence de la JUB.
Pour ce qui concerne les Brevets Européen existants, cela ne s’appliquera que pour les États Membres dans lesquels le Brevet a été validé et qui font partie de la JUB.
Néanmoins, par une procédure dérogatoire, dite de « opt-out », il sera possible de faire échapper un Brevet Européen existant à la compétence de la JUB. Cette dérogation pourra être demandée pendant une période transitoire d’au moins sept ans, et sera effective pour toute la durée de vie du Brevet Européen concerné.

Par conséquent, la situation n’est pas simple et devra s’apprécier au cas par cas.

En tout état de cause…  soyez prêt !

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Report optionnel du début de l’examen d’une demande EP

Après avoir mis en place, avec un certain succès, le traitement accéléré des demandes, ou « PACE », l’Office  Européen des Brevet (OEB) a lancé, auprès des professionnels de la PI, une consultation sur son projet de Report Optionnel du début de l’Examen.

Ce Report Optionnel du début de l’Examen, voulu principalement par l’industrie pharmaceutique et de biotechnologique (pour qui une délivrance rapide est préjudiciable compte tenu des délais de développement et de mise sur le marché de leur produits), permettra de repousser de 3 ans le début de l’examen des demandes EP direct ou des demandes Euro-PCT.

Cette consultation semble n’être que formelle, car il semble que l’OEB envisage de mettre en place cette nouvelle procédure dès le 1er Juillet 2018.

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Validation des brevets Européens au Cambodge (KH)

Après le Maroc, qui avait conclu un accord avec l’Office Européen des Brevets pour permettre au 1er Mars 2015, la validation d’un brevet Européen au Maroc, c’est au tour du Cambodge de permettre une telle validation dans ce royaume.

Ainsi, à compter du 1er mars 2018, les demandes de brevet européen et les brevets européens pourront être validés au Cambodge et jouiront « essentiellement » de la même protection que les brevets délivrés par l’OEB pour les États membres de la CBE.
« Essentiellement », car il convient de rappeler, qu’au Cambodge, les produits pharmaceutiques sont exclus de la brevetabilité, conformément à l’exemption prévue par l’Organisation Mondiale du Commerce, qui lui permet de refuser une telle protection jusqu’en 2033.

La taxe de validation s’élève à 180 euros.
De façon tout à fait classique, cette taxe doit être acquittée à l’OEB, dans un délai de six mois à compter de la date à laquelle le Bulletin Européen des brevets a mentionné la publication du Rapport de Recherche Européenne ou, pour les demandes Euro-PCT, dans le délai prévu pour accomplir les actes requis pour l’entrée d’une demande internationale dans la phase Européenne.
A défaut, cette taxe de validation peut encore être valablement acquittée dans un délai supplémentaire de deux mois, moyennant le versement dans ce délai d’une surtaxe de 50 % du montant de la taxe, la poursuite de procédure étant également possible.

Le formulaire de requête en délivrance (EPA/EPO/OEB 1001) et celui d’entrée dans la phase européenne (EPA/EPO/OEB 1200) devraient bientôt être adaptés en conséquence.

Source :
https://www.epo.org/law-practice/legal-texts/official-journal/2015/02/a20_fr.html

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Table Ronde INPI / Alsace Digitale 2016

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Notre prochaine intervention aura lieu à Strasbourg lors de la table ronde du 29 novembre sur le thème de la Propriété Intellectuelle et des projets numériques :
Gérer les risques liés à l’intervention de  free-lance, stagiaires, étudiants dans un projet de création numérique.

Retrouvez toutes les informations liées à cette actualité, mais aussi nos futures conférences, événements en temps réel sur notre page facebook.

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Meyer & Partenaires au salon « Créer sa boîte en Alsace » le 14 novembre 2016

Une nouvelle fois, le Cabinet Meyer & Partenaires participera au salon « Créer sa boîte en Alsace » qui se tiendra à Strasbourg le lundi 14 novembre 2016 au Palais de la Musique et des Congrès.

Alexandra ELKAÏM et Yann PROPONNET (Conseils en Propriété Industrielle), vous accueilleront entre 15h30 et 17h sur le stand E7 de la CNCPI (Compagnie Nationale des Conseils en Propriété Industrielle) situé au Pôle 4 – Conseils et Accompagnement.

Venez les rencontrer et bénéficier de leurs conseils et de leur expertise en matière de Propriété Intellectuelle dans le cadre de votre projet d’entreprise.

Vous pouvez télécharger votre invitation ici : http://www.creer-sa-boite-en-alsace.fr/strasbourg/le-salon-de-strasbourg/invitation-gratuite/

 

En savoir plus :

http://www.creer-sa-boite-en-alsace.fr/

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