Patrick Meyer – 1956 – 2014

1957 - 2014

Patrick Meyer – 1956 – 2014

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Gare aux extensions gratuites : Les .ML et .CF sur le modèle du .TK

D’ordinaire, la réservation d’un nom de domaine nécessite un coût annuel qui diffère en fonction des registres/prestataires. Il leur permet notamment de financer la gestion des noms ainsi que les services divers qui y sont associés.

La nouvelle tendance est toutefois à la gratuité. Certains registres jouent en effet la carte de l’originalité en mettant à disposition leurs noms de domaine gratuitement. Bien qu’une telle technique n’ait pas porté ses fruits à ses débuts, à l’image du « .INFO » et du « .BE », elle rencontre aujourd’hui un franc succès.

Illustration originale de Alan O'Rourke

Illustration originale d’Alan O’Rourke sous licence CC

La mode de la gratuité

Vous avez peut-être récemment entendu parler du Tokelau, petit groupe d’îlots du Pacifique Sud, qui s’apprête à devenir le premier pays au monde capable de fonctionner exclusivement grâce à l’énergie solaire. Ce minuscule État, où vivent 1500 Tokélaouans et dont la superficie n’excède pas 10km², n’en est pas à son coup d’essai en termes d’innovation. En 2001, il avait déjà marqué les esprits des internautes en offrant gratuitement son « country code », le « .TK ». Fort de son succès, cette extension nationale est aujourd’hui la deuxième extension mondiale la plus enregistrée après le « .COM » et la première extension nationale devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Elle fait désormais partie des extensions de noms de domaine les plus populaires en comptabilisant 16,7 millions d’enregistrements depuis son ouverture (voir le rapport du Conseil des Registres Européens de Noms de Domaine Nationaux de Premier Niveau du mois de mai 2013).

Les îles Tokelau ont dès lors remporté leur pari au vu du nombre d’internautes séduits par une telle initiative. Certains y ont vu une alternative bien commode pour identifier des sites turcs ou des sites de sociétés de télécommunication allemandes, et pour cause : les initiales « .TK » suggèrent parfaitement le nom de la Turquie (en anglais « Turkey »), dont l’extension nationale est officiellement le « .TR » et le mot allemand « Telekom ».

Les amateurs du tout gratuit ont bien sûr été attirés par le système original mis en place par le registre, Dot TK qui leur fournit gratuitement un nom de domaine abrégé et plein de sens en lieu et place de leur ancienne adresse Internet.

À titre d’exemple, le blog accessible depuis l’adresse <tk-domains.blogspot.fr> bénéficie désormais du nom de domaine <multimedia.tk> beaucoup plus visible et mémorisable.

En proposant ses noms de domaine gratuitement, le registre offre également la possibilité de créer des alias de son adresse mail, permettant ainsi à l’internaute de recevoir, sur une même boîte de réception, des courriers électroniques envoyés à différentes adresses mail. Mais Dot TK ne s’arrête pas là. Il met en place des liens gratuits, dénommés « Tikilink », ayant pour but de promouvoir le nouveau site enregistré. Plus concrètement, un lien dirigeant vers votre site apparaîtra sur tous les sites Web gérés par Dot TK similaires au contenu de votre site et sera accompagné d’une courte description, tout ça, gratuitement. Enfin, le registre permet à ses réservataires d’observer en détail le trafic qu’engendrent leurs sites (nombre et pays d’origine des visiteurs par exemple).

Peut-être envieux d’une telle popularité, le Mali et le Centrafrique n’ont pas hésité à adopter la même stratégie. Ils mettent en effet gratuitement à disposition le « .ML » et le « .CF » depuis le 15 juillet 2013. C’est peut être un espoir de rebond économique, notamment après les conflits qui ont dévasté le nord du Mali et la crise qui touche actuellement la République Centrafricaine. Il est probable que le Mali espère également des enregistrements de la part des Malaisiens qui pourraient être séduits par la ressemblance entre le « .ML » et la Malaisie (.MY)., à l’image de la Turquie pour le « .TK ».

Le modèle des extensions gratuites

Drapeau national des TokelauPourquoi gratuit ? Cela s’explique principalement par la volonté des gouvernements de faire connaître leur pays et de promouvoir la visibilité de leur Toile nationale, mais aussi celle de dynamiser le développement économique et informatique. Le « .TK » en est un bon exemple. Il représentait déjà près de 10% du produit intérieur brut annuel du Tokelau peu après son lancement.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les registres et les gouvernements gagnent à proposer leurs noms de domaine gratuitement. Plusieurs moyens ont en effet été mis en œuvre en vue de générer des revenus. À titre d’exemple, le fondateur de Dot TK précise que des publicités apparaissent sur les sites activés par ces « free domains » et que le seul moyen de s’en débarrasser est d’obtenir 1 000 visites en 90 jours ou de débourser 1,50$.

L’implémentation de cette publicité implique vraisemblablement les serveurs DNS du registre – les défenseurs de la neutralité des réseaux apprécieront.

Dot TK génère ainsi des revenus grâce aux publicités présentes sur ces sites, mais aussi grâce à l’établissement d’un système payant exempt de toutes les contraintes posées par le modèle gratuit.

Le modèle gratuit peut être perçu comme une offre d’appel susceptible de siphonner vers l’offre payante les utilisateurs lassés de slalomer et trébucher sur les contraintes du modèle gratuit. Il est vrai qu’à la vue du nombre d’enregistrements, un taux de transformation même faible peut très vite représenter de grosses sommes d’argent.

De manière plus classique, Dot TK propose des noms de domaine payants qui concèdent aux réservataires tous les droits et possibilités habituels sur leurs noms.

Dot TK suggère en outre l’enregistrement de noms de domaine « spéciaux », plus coûteux que de simples domaines payants. Un nom de domaine spécial est établi par Dot TK comme étant un nom de domaine composé d’un maximum de trois caractères ou un nom de domaine identifié par le registre comme possédant une valeur supérieure (par exemple les noms formés sur des marques célèbres).

Pour finir, le registre détaille également les moyens dont dispose un éditeur pour faire fructifier la gestion d’un site sous « .TK ».

Le prix de la gratuité

Certes, un nom de domaine gratuit présente l’avantage du « coût ». Toutefois, cette gratuité implique un effet non négligeable : le réservataire d’un tel nom n’est pas à proprement parler « titulaire » de ce nom. Il ne bénéficie en effet que d’un simple droit d’usage, ce qui permet au registre de gérer discrétionnairement le nom de domaine. Cela s’observe à la seule vue du Whois qui indique comme titulaire une des entités privées gérant le « .TK » (BV Dot TK ou Freedom Registry, Inc.).

Dot TK précise même dans ses conditions générales d’utilisation que ses services peuvent être utilisés par les internautes aussi longtemps que Dot TK les rend disponibles, sans apporter aucune autre indication. Le registre énonce en outre qu’il est en droit de modifier unilatéralement et de faire cesser temporairement ou définitivement l’activation du site à n’importe quel moment, avec ou sans notification. Cela vaut pour la publicité, le contenu et autres applications résultant d’un enregistrement gratuit.

Le titulaire d’un nom de domaine gratuit doit faire face à d’autres restrictions, telles qu’une période d’enregistrement limitée à 12 mois et un court délai de renouvellement avant son expiration (15 jours). La pratique a en outre révélé qu’un minimum de 25 visites, durant les 90 jours suivants la réservation, est nécessaire à la survivance du site (une « visite » serait comptabilisée à chaque requête auprès des serveurs DNS de l’extension). Dans le cas contraire, le registre annule purement l’enregistrement et le nom de domaine est remis à la disposition du public !

Photographie originale de freeaussiestock sous licence CC

Photographie originale de freeaussiestock.com sous licence CC

Ainsi, pour être titulaire à part entière de tous les droits sur son nom et éviter toute mauvaise surprise, mieux vaut mettre la main au porte-monnaie. Il est donc fortement déconseillé à toute personne souhaitant mettre en place un projet sérieux de s’investir humainement et financièrement dans la construction d’un site en « .TK », au risque de voir tout disparaître du jour au lendemain.

Outre un risque pour un particulier, ces extensions gratuites représentent un réel danger pour certaines sociétés. Les noms de domaine en « .TK » se sont révélés être un des refuges privilégiés des cybersquatteurs, notamment en vue de mener des attaques de phishings.

La gratuité alliée à la règle du « premier arrivé, premier servi » expliquent en grande partie ces usages frauduleux. L’Anti-Phishing Working Group (APWG) a remarqué que 82% des attaques de phishing sont actuellement réalisées au moyen d’un « .COM », d’un « .TK » ou d’un « .INFO ».

Le « .TK », à lui seul, représentait 19% des attaques de phishing fin 2012 contre 50% début 2012. La baisse de ce chiffre est liée aux mesures prises par le registre pour remédier à ces attaques.

En effet, pour éviter toute tentative de fraude, Dot TK autorise désormais tout titulaire de marques et toute entité luttant contre le phishing à demander directement la suspension d’un nom de domaine en « .TK » auprès du registre. Plusieurs accords ont été conclu en ce sens, avec l’ « Anti-Phishing Alliance of China », Facebook et la société « Internet Identity » spécialisée dans la protection des marques et des utilisateurs sur Internet. Ils peuvent dès lors agir immédiatement pour faire fermer un site en « .TK » lorsqu’ils ont eu connaissance d’une utilisation frauduleuse en envoyant un rapport au registre qui procèdera à la désactivation immédiate du nom de domaine litigieux.

Étant donné que « Freedom Registry », qui chapeaute déjà Dot TK, est en charge de la gestion des registres maliens et centrafricains, il est fort probable que les termes et conditions d’enregistrement des « .ML » et « .CF » soient similaires à ceux du « .TK » (question en suspens en date de rédaction de cet article).

Nous tenons dès lors à vous mettre en garde contre ces enregistrements gratuits qui attirent bon nombre d’internautes satisfaits de ne devoir débourser le sou. Nous vous invitons vivement à prendre contact avec votre conseil en propriété intellectuelle si vous rencontrez la moindre difficulté ayant trait à ces enregistrements.

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L’ICANN prépare une refonte du système Whois

En décembre 2012, l’ICANN annonçait la création d’un groupe de travail, l’Expert Working Group on gTLD Directory Services (EWG). Ce groupe, chargé d’une réflexion sur les données d’enregistrement de noms de domaine vient de publier son rapport initial. Ce document présente des recommandations sur une refonte majeure du système Whois des noms de domaine génériques (gTLD).

La nouvelle peut inquiéter dans la mesure où le Whois est un outil basique mais indispensable pour de nombreux professionnels de la veille, du droit et du domaining. Tous s’interrogent sur les conséquences de cette modification dans leur activité quotidienne.

Actuellement, le dispositif Whois donne au public la possibilité de rechercher anonymement des informations sur l’enregistrement d’un nom de domaine (l’identité de son titulaire, ses coordonnées, les dates d’enregistrement et d’expiration du nom de domaine, le bureau d’enregistrement concerné…)

Ces informations sont utiles notamment pour se renseigner sur la légitimité/fiabilité d’un site Web (notamment les sites marchands) ou tout simplement pour identifier le titulaire d’un nom de domaine lorsqu’on souhaite le contacter.

Mais il faut reconnaître que ce système présente aussi des limites. L’accès public illimité aux données personnelles présentes dans le Whois est une aubaine pour  les spammeurs et autres démarcheurs indélicats. Les bases Whois sont aussi parfois employées pour préparer le terrain d’intrusions informatiques via ingénierie sociale.

Les registres, registrars et opérateurs y vont tous de leur petite solution pour tenter de brider ces problèmes. Un tel transformera les adresses de courrier en images pour éviter leur copie, un autre restreindra l’accès à sa base Whois en camouflant son formulaire dans les méandres de son site, un autre mettra en place une validation par Captcha, un dernier rendra anonymes les coordonnées de ses clients. Reste que l’ensemble devient de plus en plus hétérogène tout en pénalisant à la longue les seuls utilisateurs de bonne foi.

Photographie originale de Stéfan sous licence Créative Commons

Photographie originale de Stéfan sous licence Créative Commons

Dans tous les cas, un simple coup d’œil sur l’horizon du nommage sonne la fin de la récréation : il semble temps de basculer vers un système plus homogène sans quoi l’apparition prochaine des centaines de nouvelles extensions  achèvera de ligoter le système dans un enchevêtrement de règles spécifiques de consultation.

L’EWG estime effectivement que dans ce nouveau contexte, le dispositif Whois actuel n’est plus suffisamment efficace.

L’EWG propose de mettre en place un registre agrégé et centralisé, l’Aggregrated Registration Directory Service (ARDS) dont la meta-base de données reprendra et se superposera à l’ensemble des bases Whois existantes. Ces dernières continueront à être tenues par les Registres des extensions génériques et seront d’ailleurs conservées en tant que références ultimes en matière de preuve. L’ARDS jouera en quelque sorte le rôle de cache d’agrégation puisqu’il reproduira et agrègera l’ensemble des bases de données tenues par les Registres et alimentées par les Registrars.

Depuis quelques jours les articles se multiplient sur Internet pour annoncer la désespérante disparition des bases de données Whois. Or, après vérification, les propositions de l’EWG sont plus nuancées (p.34-35) :

La base de l’ARDS devrait proposer deux types d’accès :

  • Un accès anonyme maintenu pour le public, mais pour un nombre très restreint de données.
  • Un accès réservé aux utilisateurs enregistrés, qui devront préciser la finalité de leur recherche avant de pouvoir accéder à un volume étendu d’informations.

Dans ce deuxième cas, l’ARDS surveillera l’utilisation de sa base et réagira en cas d’abus.

En ce qui concerne les professionnels de la propriété industrielle, l’EWG préconise que l’ARDS :

  • permette l’identification des clients de services proxy lorsque leur nom de domaine fait l’objet d’une enquête pour « violation des droits de propriété industrielle » ;
  • permette de prendre contact avec le titulaire d’un nom de domaine frauduleux ;
  • facilite l’identification et la réaction aux cas d’enregistrement avec usurpation d’identité.

Avec la publication de ce rapport, le groupe de travail relance le débat sur l’avenir du système Whois. Il est possible d’y participer en faisant part de ses commentaires à l’EWG de l’ICANN.

La prochaine réunion publique de l’ICANN à Durban en Afrique du Sud du 14 au 18 juillet prochain sera l’occasion d’en apprendre davantage. Deux rendez-vous sont d’ores et déjà au programme « Replacing Whois – The Next Generation Directory Services », le lundi 15 juillet et « GNSO ‘Thick’ Whois PDP – Presentation of Initial Report », le mercredi 17 juillet 2013.

Nous tenons enfin à rappeler qu’à cette étape de réflexion, seules les extensions génériques (.com, .net, .org, .biz, .info etc.) sont concernées. Les recherches d’informations Whois pour les extensions nationales ne sont pas impactées. Pas d’esclandre, le matheux .rs, le farouche .ag  et le bavard .za conserveront encore un temps le charme exotique de leur système Whois.

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Le .PARIS et le .BZH, pionniers français des « nouvelles extensions »

Photographie originale de Lucie Lesvenan

Photographie originale de Lucie Lesvenan

Suite à l’ouverture des candidatures aux « nouvelles extensions » par l’ICANN, ce sont près de 1900 demandes, dont 54 françaises, qui ont été déposées. L’ordre d’examen de chaque candidature a été attribué via un tirage au sort qui a placé les « .PARIS » et « .BZH » à la 200ème et 204ème position. La Ville de Paris et la région Bretagne ont dès lors bénéficié d’un classement privilégié qui leur a permis de figurer parmi les premières « nouvelles extensions » françaises. Leur candidature a récemment été validée par l’ICANN, le 10 mai 2013.

Il convient de préciser que le « .BZH » est en réalité l’acronyme du terme « Breizh », désignant la Bretagne en langue bretonne. Ce projet, né en 2004, a été soutenu par plusieurs collectivités territoriales bretonnes (conseils généraux et conseil régional) suite à l’engouement qu’a suscité une pétition en ligne pour son adoption. Le « .BZH » s’est inspiré en grande partie de l’extension catalane « .CAT », qui connaît un succès non négligeable depuis son ouverture (plus de 60 000 noms de domaine en 6 ans)[1]. Le projet de la Ville de Paris, lui, est plus récent, il date de 2008.

Tandis que certains s’interrogent sur l’utilité de telles extensions, notamment au vu de leur coût, il paraît essentiel d’en exposer les motivations et de souligner leur dimension. L’un des objectifs majeurs consiste véritablement à accroître la visibilité et la popularité de ces zones géographiques et de leurs acteurs sur la scène internationale. Il s’agit en effet de valoriser une identité régionale grâce au réseau Internet qui représente de nos jours un outil de communication incontournable. Ces nouvelles extensions présentent également l’avantage de remédier à la rareté des noms de domaine disponibles en créant de nouvelles opportunités d’enregistrement.

Bonne nouvelle, les conditions d’enregistrement d’un « .PARIS » ou d’un « .BZH » sont plutôt souples. En effet, le « .PARIS » sera ouvert à toute personne physique qui souhaite manifester son attachement à la capitale française ainsi qu’à toute personne morale implantée ou y exerçant une activité. Quant à l’extension bretonne, le public visé est le même. Elle permettra aux titulaires d’exprimer leur attachement à la Bretagne, à sa culture, à son patrimoine ou encore à sa langue. L’extension intéressera également des entreprises bretonnes implantées dans la région, des distributeurs de produits bretons délocalisés ou encore toute personne passionnée par cette région. Aucune condition de nationalité ou de résidence n’est exigée.

D’un point de vu technique, ces extensions permettront de disposer d’un site Internet www.monsite.paris ou www.monsite.bzh et d’adresses mail xxxx@xxxx.paris ou xxxx@xxxx.bzh.

La capitale française détient ainsi sa propre extension. La gestion en est confiée à la Ville de Paris et à ses partenaires et futurs registres :

  • l’AFNIC déjà gestionnaires de nombreuses extensions françaises de premier niveau (.fr, .re, .yt, .wf, .tf et .pm),
  • le CORE, registre de l’extension catalane « .CAT ».

Le « .BZH », sera géré par l’association www.bzh qui a également pour mission de promouvoir cette nouvelle extension (pour plus de renseignements : http://www.pointbzh.com/). Elle exercera en outre des contrôles « a priori » et « a posteriori » des enregistrements afin de s’assurer du respect des conditions d’enregistrement et d’utilisation des noms de domaine en « .BZH ». Les deux extensions bénéficieront néanmoins du même opérateur technique, l’AFNIC qui est en charge de la gestion des extensions françaises.

Photographie originale de Edisonblus

Photographie originale de Edisonblus

Les calendriers d’enregistrement des deux extensions diffèrent toutefois. Sachez que la Ville de Paris s’est lancé, depuis le mois de mai 2013, dans la recherche de partenaires qui accèderont en avant-première à un nom de domaine en « .PARIS ». Ces privilégiés sont choisis pour l’image parisienne qu’ils véhiculent et leur lien particulier à la capitale. Il s’agit par exemple de marques de luxe qui s’identifient à Paris, notamment au vu de la stratégie de marque qu’ils adoptent, mais aussi de bloggeurs ou d’associations.

En outre, depuis le mois de juin et jusqu’au mois d’octobre 2013, la Ville de Paris a lancé un appel à projets concernant la gestion de noms de domaine génériques tels que taxis.paris, immobilier.paris ou encore boulangerie.paris. Pour voir son dossier validé, chaque candidat (particulier, association ou entreprise) devra ainsi exposer ses meilleurs arguments. Il sera essentiellement tenu compte de la qualité du service apporté aux Parisiens ainsi que de sa représentativité sur le territoire du Grand Paris.

Il faut en déduire que les premiers sites assortis du « .PARIS » verront le jour dès le dernier trimestre 2013. Les titulaires de marques devront eux, s’armer de patience et attendre l’arrivée du premier semestre 2014 pour procéder à l’enregistrement de leur marque assortie du « .PARIS ». Ils bénéficieront d’une période prioritaire dite de « Sunrise » qui leur est réservée, puis s’ouvrira une période dite de  « Landrush », qui offrira au public des possibilités d’enregistrement étendues.

Quant au « .BZH », le calendrier n’a pas encore été fixé et ne sera dévoilé qu’en septembre 2013. L’ICANN se laisse en effet tout l’été pour procéder à la finalisation du projet et notamment aux derniers tests techniques ainsi qu’à la signature du contrat de registre avec l’association bretonne. Les seules informations portées à la connaissance du public concernent l’existence d’une période de « Sunrise », destinée aux titulaires de marques, qui seront néanmoins contraints d’inscrire au préalable leurs marques à la Trademark Clearing House pour en bénéficier. Une période de « Landrush » sera ensuite mise en place, suivie par l’ouverture à tous de l’extension bretonne sur la base du « premier arrivé, premier servi », et ce, dès le premier semestre 2014.

La question du prix n’a malheureusement pas encore été déterminée, mais la Ville de Paris soutient que des tarifs réduits seront mis en place pour certains publics et cite à titre d’exemple les étudiants ou les associations. A l’image du « .PARIS », le prix de l’extension bretonne reste encore méconnu. David Lesvenan, président de l’association www.bzh, table sur un tarif inférieur à 75 euros par an, dégressif en fonction du nombre d’enregistrements.

Les « .BZH » et « .PARIS » seront peut-être bientôt rejoints par d’autres candidats régionaux de l’hexagone. L’ICANN doit en effet prochainement examiner les « .alsace », « .aquitaine » et « .corsica ».

Les amoureux de Paris et de la Bretagne n’ont dès lors d’autre choix que de patienter jusqu’en 2014 pour exprimer leur passion et leur attachement à ces lieux via une extension qui leur est propre. Si tel est votre cas, nous vous invitons à prendre contact avec votre conseil en propriété intellectuelle.


[1] Succès d’autant plus remarquable que le registre conditionne la conservation de tout nom de domaine en .cat à l’édition d’un contenu participant à la promotion de la langue Catalane (http://www.domini.cat/charter.pdf)

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L’arrivée des .ML et .NG dans la course aux extensions nationales

Le Mali et le Nigeria assouplissent leurs règles d’enregistrement relatives aux extensions de premier niveau, respectivement désignées par le « .ML » et le « .NG ».

mali-nigeria

C’est lors de la réunion de l’ICANN, qui s’est tenue à Beijing au mois d’avril 2013, que le gouvernement malien a pris position en faveur d’un tel changement, ouvrant la voie au Nigeria qui a, par la suite, adopté la même tendance.

Il y a peu de temps encore, l’enregistrement de ces deux extensions nécessitait l’existence d’une présence locale sur ces territoires respectifs, faute de quoi, les entreprises étrangères devaient se contenter des extensions de deuxième niveau (.COM.ML ; .COM.NG).

L’abrogation de cette exigence permet désormais à toute entreprise, quel que soit son lieu d’établissement, et à toute personne intéressée, d’enregistrer des noms de domaine directement sous les extensions nationales « .ML » ou « .NG ». L’enregistrement d’un nom de domaine directement sous ces extensions nationales améliorera la visibilité des contenus activés auprès d’une clientèle locale.

L’ouverture du « .NG » nigérien a eu lieu le 16 avril 2013 : tout un chacun, sans restriction, peut désormais enregistrer un nom de domaine du type « mondomaine.NG ». Aucune période dite de « Sunrise », profitant habituellement aux titulaires de marques, n’a été établie. L’enregistrement des noms de domaine fonctionne dès lors sur le principe du célèbre « premier arrivé, premier servi ».

Quant au Mali, la date d’ouverture de l’enregistrement du « .ML » approche. En effet, le calendrier publié par le registre fixe au 1er mai 2013 l’ouverture de la période prioritaire de « Sunrise », réservée aux titulaires de marques de tout pays, sans condition de présence locale, qui prend fin le 31 mai 2013.

Pour rappel, cette période de « Sunrise » a pour but de permettre aux titulaires de droits d’enregistrer de façon prioritaire un nom de domaine en « .ML » qui doit être identique aux droits qu’il possède, tels qu’une dénomination sociale ou une marque. Le principe du « premier arrivé, premier servi » s’applique également à cette phase.

S’ouvrira ensuite la période dite « Landrush », s’appliquant aux noms de domaine payants pour tous, qui s’étendra du 1er juin au 14 juillet 2013.

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Mais la période la plus risquée pour les titulaires de marques débutera le 15 juillet 2013, date à partir de laquelle le registre prévoit de distribuer la majorité de ses noms de domaine gratuitement, toujours sur la base du « premier arrivé, premier servi ».

Par conséquent, les risques liés à ces nouvelles conditions d’enregistrement sont réels, notamment en matière d’enregistrements frauduleux. L’extension promet d’être irrésistible  pour les cybersquatteurs :

Par conséquent nous invitons les titulaires de droits à se rapprocher de leur conseil juridique pour examiner soigneusement leur agenda de développement en Afrique du Nord ; il ne sera pas évident de déloger les fraudeurs.

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