Le .PARIS et le .BZH, pionniers français des « nouvelles extensions »

Photographie originale de Lucie Lesvenan

Photographie originale de Lucie Lesvenan

Suite à l’ouverture des candidatures aux « nouvelles extensions » par l’ICANN, ce sont près de 1900 demandes, dont 54 françaises, qui ont été déposées. L’ordre d’examen de chaque candidature a été attribué via un tirage au sort qui a placé les « .PARIS » et « .BZH » à la 200ème et 204ème position. La Ville de Paris et la région Bretagne ont dès lors bénéficié d’un classement privilégié qui leur a permis de figurer parmi les premières « nouvelles extensions » françaises. Leur candidature a récemment été validée par l’ICANN, le 10 mai 2013.

Il convient de préciser que le « .BZH » est en réalité l’acronyme du terme « Breizh », désignant la Bretagne en langue bretonne. Ce projet, né en 2004, a été soutenu par plusieurs collectivités territoriales bretonnes (conseils généraux et conseil régional) suite à l’engouement qu’a suscité une pétition en ligne pour son adoption. Le « .BZH » s’est inspiré en grande partie de l’extension catalane « .CAT », qui connaît un succès non négligeable depuis son ouverture (plus de 60 000 noms de domaine en 6 ans)[1]. Le projet de la Ville de Paris, lui, est plus récent, il date de 2008.

Tandis que certains s’interrogent sur l’utilité de telles extensions, notamment au vu de leur coût, il paraît essentiel d’en exposer les motivations et de souligner leur dimension. L’un des objectifs majeurs consiste véritablement à accroître la visibilité et la popularité de ces zones géographiques et de leurs acteurs sur la scène internationale. Il s’agit en effet de valoriser une identité régionale grâce au réseau Internet qui représente de nos jours un outil de communication incontournable. Ces nouvelles extensions présentent également l’avantage de remédier à la rareté des noms de domaine disponibles en créant de nouvelles opportunités d’enregistrement.

Bonne nouvelle, les conditions d’enregistrement d’un « .PARIS » ou d’un « .BZH » sont plutôt souples. En effet, le « .PARIS » sera ouvert à toute personne physique qui souhaite manifester son attachement à la capitale française ainsi qu’à toute personne morale implantée ou y exerçant une activité. Quant à l’extension bretonne, le public visé est le même. Elle permettra aux titulaires d’exprimer leur attachement à la Bretagne, à sa culture, à son patrimoine ou encore à sa langue. L’extension intéressera également des entreprises bretonnes implantées dans la région, des distributeurs de produits bretons délocalisés ou encore toute personne passionnée par cette région. Aucune condition de nationalité ou de résidence n’est exigée.

D’un point de vu technique, ces extensions permettront de disposer d’un site Internet www.monsite.paris ou www.monsite.bzh et d’adresses mail xxxx@xxxx.paris ou xxxx@xxxx.bzh.

La capitale française détient ainsi sa propre extension. La gestion en est confiée à la Ville de Paris et à ses partenaires et futurs registres :

  • l’AFNIC déjà gestionnaires de nombreuses extensions françaises de premier niveau (.fr, .re, .yt, .wf, .tf et .pm),
  • le CORE, registre de l’extension catalane « .CAT ».

Le « .BZH », sera géré par l’association www.bzh qui a également pour mission de promouvoir cette nouvelle extension (pour plus de renseignements : http://www.pointbzh.com/). Elle exercera en outre des contrôles « a priori » et « a posteriori » des enregistrements afin de s’assurer du respect des conditions d’enregistrement et d’utilisation des noms de domaine en « .BZH ». Les deux extensions bénéficieront néanmoins du même opérateur technique, l’AFNIC qui est en charge de la gestion des extensions françaises.

Photographie originale de Edisonblus

Photographie originale de Edisonblus

Les calendriers d’enregistrement des deux extensions diffèrent toutefois. Sachez que la Ville de Paris s’est lancé, depuis le mois de mai 2013, dans la recherche de partenaires qui accèderont en avant-première à un nom de domaine en « .PARIS ». Ces privilégiés sont choisis pour l’image parisienne qu’ils véhiculent et leur lien particulier à la capitale. Il s’agit par exemple de marques de luxe qui s’identifient à Paris, notamment au vu de la stratégie de marque qu’ils adoptent, mais aussi de bloggeurs ou d’associations.

En outre, depuis le mois de juin et jusqu’au mois d’octobre 2013, la Ville de Paris a lancé un appel à projets concernant la gestion de noms de domaine génériques tels que taxis.paris, immobilier.paris ou encore boulangerie.paris. Pour voir son dossier validé, chaque candidat (particulier, association ou entreprise) devra ainsi exposer ses meilleurs arguments. Il sera essentiellement tenu compte de la qualité du service apporté aux Parisiens ainsi que de sa représentativité sur le territoire du Grand Paris.

Il faut en déduire que les premiers sites assortis du « .PARIS » verront le jour dès le dernier trimestre 2013. Les titulaires de marques devront eux, s’armer de patience et attendre l’arrivée du premier semestre 2014 pour procéder à l’enregistrement de leur marque assortie du « .PARIS ». Ils bénéficieront d’une période prioritaire dite de « Sunrise » qui leur est réservée, puis s’ouvrira une période dite de  « Landrush », qui offrira au public des possibilités d’enregistrement étendues.

Quant au « .BZH », le calendrier n’a pas encore été fixé et ne sera dévoilé qu’en septembre 2013. L’ICANN se laisse en effet tout l’été pour procéder à la finalisation du projet et notamment aux derniers tests techniques ainsi qu’à la signature du contrat de registre avec l’association bretonne. Les seules informations portées à la connaissance du public concernent l’existence d’une période de « Sunrise », destinée aux titulaires de marques, qui seront néanmoins contraints d’inscrire au préalable leurs marques à la Trademark Clearing House pour en bénéficier. Une période de « Landrush » sera ensuite mise en place, suivie par l’ouverture à tous de l’extension bretonne sur la base du « premier arrivé, premier servi », et ce, dès le premier semestre 2014.

La question du prix n’a malheureusement pas encore été déterminée, mais la Ville de Paris soutient que des tarifs réduits seront mis en place pour certains publics et cite à titre d’exemple les étudiants ou les associations. A l’image du « .PARIS », le prix de l’extension bretonne reste encore méconnu. David Lesvenan, président de l’association www.bzh, table sur un tarif inférieur à 75 euros par an, dégressif en fonction du nombre d’enregistrements.

Les « .BZH » et « .PARIS » seront peut-être bientôt rejoints par d’autres candidats régionaux de l’hexagone. L’ICANN doit en effet prochainement examiner les « .alsace », « .aquitaine » et « .corsica ».

Les amoureux de Paris et de la Bretagne n’ont dès lors d’autre choix que de patienter jusqu’en 2014 pour exprimer leur passion et leur attachement à ces lieux via une extension qui leur est propre. Si tel est votre cas, nous vous invitons à prendre contact avec votre conseil en propriété intellectuelle.


[1] Succès d’autant plus remarquable que le registre conditionne la conservation de tout nom de domaine en .cat à l’édition d’un contenu participant à la promotion de la langue Catalane (http://www.domini.cat/charter.pdf)

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